<center><font face="Arial,Helvetica,Geneva,Swiss,SunSans-Regular"><font size=+4>Christophe Loyer sculteur et plasticien</center></font></font> <a href="http://www.christopheloyer.net">Christophe Loyer sculteur et plasticien</a>
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Christophe Loyer - le monde, Žbauche ou esquisse ?
Christophe Loyer - sombre propos

 

La foudre gouverne toutes les choses
(installation et texte1992-97 )

 

 


La Foudre gouverne toutes les choses repose sur une impossibilité, celle de traduire fidèlement ce qui est nommé ici esquisse. Pendant plusieurs années se développe ainsi, autour de cette limite infranchissable que constitue l’esquisse, un travail de sculpture qui donne naissance à un labyrinthe.


Contrairement aux labyrinthes antique ou chrétien, construits autour d’un centre unique, celui-ci, bifurquant et se déployant virtuellement à l’infini, chacun de ses croisements en constitue le centre potentiel.

 

 

 

 

 

 

 

 

La foudre gouverne toutes les choses. 8x6x3m.
Castello di Vincigliata - Florence, Italie. 1997.

 

Il est formé par une succession de patios et de chambres, reliés par de petits sas.

 

 

 

 

 

 

Dans chaque chambre prend place un travail de sculpture figurative : "autour des esquisses".

La foudre gouverne toutes les choses. 16x11x3m.
Coopérative des Bouchers - Schiltigheim, agglomération de Strasbourg. 1997.

(…) Une poignée d’argile s’exprime à travers des esquisses, elles-mêmes représentées par des sculptures, à leur tour dispersées à l’intérieur d’un labyrinthe. Pour se faire une idée de cette étrange construction, dont le labyrinthe n’est que la partie visible (et ce qu’on en voit ne représente qu’une infime fraction de ce qu’il devrait être), il faut s’imaginer une immense pyramide. Sa base, qui s’étend aussi loin que l’esprit peut porter, est constituée par le labyrinthe lui-même.
Bien loin au dessus de son plan régulièrement quadrillé s’en déploie un autre, miroitant, chatoyant, et qui recoupe la pyramide parallèlement à sa base : le plan des Esquisses. A chacune des innombrables chambres du labyrinthe correspond une Esquisse sur le plan des Esquisses.
Au sommet, à la pointe de cette pyramide, tel un soleil, brille l’originelle poignée de substance en mouvement : la poignée lumineuse. Chaque Esquisse, tel un prisme, en capture un rayon, une fraction d’énergie, et le projette sur la chambre qui lui correspond. Ainsi, ce qui est ici visible – ces sculptures disposées contre les parois du labyrinthe – matérialise, dans chacune de ses chambres, les ombres des Esquisses, ou plus précisément, son spectre…

Si cette vaste pyramide, à l’instar des échafaudages hermétiques de la Renaissance, n’est autre qu’une structure mentale, une structure de mémoire, à quel mystérieux personnage appartient-elle ? Si – par impossible – elle pouvait être réalisée dans toute son étendue, et si un visiteur hypothétique avait le temps et la patience d’en arpenter toute la base (mais pour traverser cet espace infini, ne lui faudrait-il pas se déplacer à la vitesse de l’éclair?), alors toutes ces ombres, tous ces spectres se superposant dans son esprit ne finiraient-ils pas par y recomposer le souvenir de leur lumière originelle, et ne finirait-il pas lui-même pas ressembler à ce personnage, par se confondre avec lui ?

La foudre gouverne toutes les choses. Toutes les choses éparses, traversées par la foudre, illuminées par elle, se rassemblent pour un instant.

(Extrait de La foudre gouverne toutes les choses, éditions Mitteleuropa, 1997)

 

La foudre gouverne toutes les choses. Terre - détail.

 

La foudre gouverne toutes les choses. Bronze - détail.